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Les de MORNAY (1449 - 1668)

Famille originaire du Berry.
Portrait fascé d’argent et de gueules de dix pièces au lion de sable armé lampassé, couronné d’or sur le tout.

Cette famille croyait descendre de l’empereur Constantin et de sa femme, fille du roi de Hongrie. Elle était fière de sa parenté avec les d’Estetouville et les Montchevreuil, sires de Gerberoy. Elle tenait La Chapelle, Ambleville, la Villertertre, Montchevreuil et Villarceaux (cette dernière branche très en cour au XVIIème).

-Philippe Ier, 1152 –
-Philippe II - Guillaume I
-Guillaume II, 1228
-Guillaume III, 1262, a deux fils :
-Pierre, évêque d’Orléans, chancelier en 1306 ;
-Jean épouse Isabelle de l’Isle, dame de la Ferté-Nabert –
-Pierre I, sénéchal de Saintonge –
-Pierre II, chevalier banneret 1383, gouverneur d’Orléans, épouse Marie de Vendôme
-Bouchard, deuxième fils, sire de Saint-Germain-sur-Indre, épouse en 1413, Jeanne des Essarts, dame d’Ambleville et Villers-le-Chatel.

Son fils, Charles I, baron de Vaux, Achères, la Chapelle la Reine, sire d’Ambleville, Villers et la Ferté Bernard, épouse Jeanne de Trie, dame de Buhy, Frenelles et Pommereuil, meurt en 1487. Six enfants :
-Jean, baron de la Chapelle,-
-Guillaume d’Ambleville
-Jacques, tige de Villarceaux
-Jean, tige des sieurs de Lû
-Antoine, sire de Thonon
-André, baron de Vaux.

Le premier ( le nôtre ) Jean, baron de la Chapelle-le-Reyne, Buhy, Boisemont, Pommereuil, épouse Catherine de Fouilleuse en 1473, dame des Bôves (Parnes) de la famille des Flavacourt. Il meurt en 1487.

Deux enfants : Guillaume de la Chapelle-en-Vexin, et Philippe IV de la Chapelle-la-Reine, sieur de Buhy ( qui échange son apanage avec son aîné ). Il épouse 1499 sa cousine, Berthe d’Ysques, installe un frère à Montchevreuil et meurt en 1550.

Le fils de celui-ci : Jacques, épouse Françoise du Bec-Crespin, dame du Plessy-Marly, fille du vice-amiral du Bec, châtelain de Boury. Celle-ci, après la mort de son mari, en 1559, se déclare ouvertement protestante. Joachim Dumoulin, persécuté pour ses opinions religieuses, s’est réfugié auprès d’elle et lui sert de chapelain. Il attire à son prêche les Réformés de la contrée (Chemin des Huguenots, terroir du Héloy). Son fils, Pierre, plus célèbre encore, naît à Buhy. On y a démoli, en 1828, une vieille maison appelée : « la preschie », assez spacieuse, servant de temple, à gauche de la cour d’honneur . Un maçon trouva dans les décombres un cœur en plomb de treize livres, contenant une huile épaisse et odorante.

Françoise éleve virilement ses dix enfants dans la nouvelle religion. Elle inspire le raid sur Saint-Clair et par crainte de représailles sur son château trop ouvert, se réfugier chez sa tante à Montagny, mieux fortifié. Morte en 1591 à soixante trois ans.

Son plus célèbre enfant, Duplessis-Mornay, le second ami et conseiller d’Henri IV, le pape des Huguenots, refuse de se convertir en même temps que le roi. Il reconstruit le château de Buhy sur un grand pied, dans le style lourd de la place Royale à Paris. Il y avait soixante neuf pièces : le rez-de-chaussée de la façade entièrement occupé par la salle des gardes, dallé en liais noir et blanc, tout le pourtour garni d’un banc de pierre.

Là se tint, en 1590, une conférence pour la paix entre Duplessis-Mornay et Villeroy. Pour Henri IV, Turenne et Biron pour Mayenne.

Pourtant, le dessin qui représente le château de Buhy, ne le fait pas paraître aussi grand. Construit sur une pente, il descendait par un double perron de quelques marches, dans une cour d’honneur. Derrière, au contraire, il était dominé par une terrasse. Style Henri II, de chaque côté des fenêtres, une colonne dorique noyée. Une double arcade, au premier, remplaçat la porte d’entrée. Au second, trois fenêtres seulement perçaient le toit en façon de lucarnes ouvragées. De face, au rez-de-chaussée et au premier, de chaque côté de la porte, deux grandes fenêtres, puis en retour devant et  derrière, une aile ayant deux fenêtres de face et une de chaque côté se faisant vis-à-vis. Deux cheminées, une à chaque bout, faisaient saillie sur le tout. Le château, jusqu’en 1789, resta orné dans ses frises, des armoiries, de chiffres et de devises en l’honneur d’Henri IV. En 1832, il n’est plus habité, ni meublé, ni démoli, et le parc est abandonné à la charrue. Le jugeant dispendieux à réparer, le duc de Caylus avait fait reconstruire Le Héloy, plus modeste, pour y loger ses collections.

Le frère aîné, Pierre III, le premier qui soit qualifié de Seigneur de Saint-Clair, page de Henri II, seigneur de la Chapelle, de Parnes, gouverneur de Mantes, puis de Saint-Liénard en Limousin, maréchal de camp, lieutenant général, conseiller des ordres du roi, capitaine de cinquante hommes d’armes de son ordonnance, lieutenant de Sa majesté au Gouvernement de l’Ile de France, sert avec distinction le duc d’Alençon, Henri III, Henri IV, dont il avait favorisé le rapprochement. Il avait assisté à la bataille d’Yvry et réduit Vernon à l’obéissance d’Henri IV. Il épouse Anne de Dandely, fille de Georges, seigneur du Bus et de Cantiers. En 1568, il revient au catholicisme, avec le roi. Il meurt d’apoplexie, à 51 ans ( 1598 ), au retour de la chasse.

Son fils, Pierre IV, né en 1586, enseigne en 1622, se distingue, la même année à la tête de sa compagnie, pour donner l’assaut à l’ouvrage à corne de la ville de Saint-Antonin, en présence du roi, l’emporte de vive force, continue de montrer de grandes marques de valeur tant que dure la guerre contre les Huguenots, est nommé lieutenant de sa Compagnie en 1631, puis maréchal de camp. Il est félicité par Louis XIII au siège de la Rochelle pour sa bravoure. Il était violent et jureur.

En 1600, il assiége, au canon, le château du Héloy. Dans cette petite guerre, il a une cuisse cassée et un de ses pages tué à côté de lui par un nommé Berval, que depuis on appellera « le Brave », parce qu’ayant été lâchement abandonné par les siens, il tient tête à un gros escadron de gentilhommes et qu’ayant su discerner celui qui était le chef de ses ennemis, le mis hors de combat en lui cassant une cuisse d’un coup de pistolet. La valeur de Berval est obligée de céder au grand nombre qui vient l’accabler ; il tombe en la puissance de ses ennemis qui se contentent de le désarmer, lui laissant la liberté et la vie. Peut-être est-ce l’origine des dénominations de : Pont-Rouge et Côte des Morts.

Environ dans le même temps, le Comte de la Rocheguyon, soutenu par le duc de Longueville, son parent, se met en devoir d’assiéger Nicolas de Mornay, seigneur de Villarceaux, et c’est ce qui partage la Province et une partie de la Cour. Il se trouve à Villarceaux près de trois cents gentilhommes pour défendre le château, mais le roi Louis XIII, de glorieuse mémoire, envoie Monseigneur le Comte de Soissons, Prince de sang, qui accommode la querelle.

Pierre IV meurt en 1637, après avoir épousé Catherine de Saveuse, d’une nombreuse famille de Picardie (famille noble), sœur de Charles, conseiller au Parlement. Elle eut trois filles. L’aînée, veuve de bonne heure, se retire au Val de Grâce ; sa mère veut la reprendre, mais sans succès. Une autre meurt religieuse à l’Abbaye du Trésor, vers 1661.

La troisième, Marie, dite Mlle de Buhy, née en 1616, apprend le latin, l’espagnol, la philosophie, la morale et l’histoire. Sa mère, autoritaire et insupportable, lui empoisonne l’existence. Elle l’empêche de choisir la garniture de ses robes, la réprimande en public, lui fait répéter tout haut ce qu’elle disait tout bas, lui interdit de fermer la porte de sa chambre à coucher pour la surveiller ( ce qui fut cause que l’argenterie fut volée ).

Elle la fait venir à Paris pour la marier, mais manifeste des exigences qui écartent les prétendants. Elle fonde les Ursulines de Magny, malgré cette observation de sa fille qu’elle eut agi plus justement en commençant par payer ses dettes.

Très pieuse, Marie, sur le conseil de Monsieur Vincent, chargé par son ami François de Sales, d’installer le premier couvent des Visitandines, s’enfuit au couvent de Sainte Marie de la rue Saint-Antoine, mais sur l’injonction de sa mère, l’archêque de Paris lui donne l’ordre de revenir, et elle doit obéir. Dès lors, elle vit dans l’ascétisme, visitant hôpitaux et prisons, fréquentant le pauvre couvent des Ursulines de Magny, fondé par son oncle.
Cependant, sur le désir de la Reine-Mère, elle doit introduire à la Cour, la Princesse Palestrine, nièce d’Urbain VIII. Elle intervient, par ailleurs, pour maintenir à travers Magny, le passage de la route royale, en cours de réfection. Le pavé du roi se terminait à Saint-Gervais. Au-delà, il fallait armer les carrosses et diligences d’une lourde chaîne, dite de miséricorde, pour tirer de nombreuses ornières, à grand renfort de chevaux. Un religieux parisien, en rupture de couvent, veut se défroquer, se faire huguenot, passer en Angleterre. Surpris à Saint-Clair en train de voler, il est emmené en prison à Buhy. Marie le visite, l’exhorte, le fait rentrer dans l’obéissance. Elle meurt en 1664, à quarante huit ans, quatre ans avant sa mère. Elle est enterrée à l’Abbaye du Trésor, ses entrailles restant à Buhy, et son cœur aux Ursulines de Magny, qui la tenaient pour une sainte. Elle lége Buhy et Saint-Clair à son cousin Philippe de Jaucourt, né de Jean de Jaucourt et de Marthe du Plessis-Marly, qui y avait des droits indivis. Celui-ci les revend aussitôt en 1668, au comte Victor Maurice de Broglie, le premier maréchal, qui y joint le Héloy, en mai 1717.

 


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