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L'histoire

L’Histoire est très bien décrite par l’Abbé LAUTRAM. Il n’y a qu’à s’y reporter. Cependant quelques remarques sont à ajouter.


 Clair se serait appelé Guillaume et Cyrin Alfordus ; une confusion de noms étant possible pour ce dernier avec Quirin, compagnon de Nicaise. Clair est bien né en 845 sous Edmond le Vieux (841-846) et non sous l’autre Edmond qui régna de 855 à 870. Comme il a été ordonné par Ségimand en 870, date repère, il avait certainement plus de 15 ans. L’évêque de Coutances était alors errant, sa ville venant d’être incendiée par les Normands. Le bon sens veut que la mise en demeure de se marier entre 20 et 22 ans ait été la cause de sa fuite en 866 ou 867. Il passa deux ans de Nacqueville. Puis il se mit entre les mains de l’abbé de Malduin, Odebert, à qui il fallut un minimum de temps pour le préparer à la prêtrise. Il dut fuir vers 872 et il vécut 12 ans cette existence singulière d’ermite errant, toujours à la recherche d’un incognito sans cesse dévoilé, toujours traqué. Sa réputation de sainteté causa sa perte en signalant sa présence partout où il passait, ce qui l’obligea à ne séjourner nulle part.


Il erra longtemps, dit la chronique, dans les cavernes et les forêts de la Neustrie et nommément dans les bois du pays d’Auge. Obéit-t-il au profond instinct voyageur de la race anglaise ? Fut-t-il vagabond pour protéger sa tranquillité de célibataire contre une virago déchaînée, à la fois Antinéa, Frédégonde et Marguerite de Bourgogne ? Défendit-t-il son incognito et l’isolement nécessaire à sa vocation érémitique, contre la foule attirée par sa réputation de Saint et de Thaumaturge ? Il faudrait un Pierre Benoît, spécialiste de la psychologie des femmes fatales, avec plus de sensibilité religieuse ; il faudrait un Mabille de Poncheville pour refaire l’itinéraire parcouru depuis Cherbourg et recueillir tous les souvenirs égrenés un peu partout. N’oublions pas que Saint-Clair-sur-Epte ne fut qu’un moment de sa vie, et que cent autres endroits l’ont honoré en même temps que nous, et, dans le passé du moins, autant que nous.

Il repart par Pontoise, effleure l’Oise, culmine à Gournay-en-Bray, rétrograde à Gisors pour terminer chez nous une course qui ressemble à une poursuite entrecoupée de haltes dans des cachettes, monastères, bois et grottes (Pays d’Auge) . Sa sainteté le démasque chaque fois et remet les assassins sur sa trace. Du Saussay prétend que cette étrange princesse était du Vexin et non du Cotentin ; cela est invraisemblable, car alors pour fuir, Clair serait allé d’Ouest en Est, au devant d’elle. Inquiétante figure qui avait pour devise : le mariage ou la mort, et qui , ayant échoué dans son premier projet, poursuivit si longtemps et si loin l’exécution du second, sans accepter que l’injure soit effacée par la fuite, l’oubli du temps et la distance.

Reprenons, point par point cet itinéraire :

NACQUEVILLE :

Première résidence. Anciennement forêt de Saint Clair des Marais. Les Chartes du Prieuré de Vareville (XIIIème) signalent l’arrivée, d’Angleterre, de Clair ( juxta Sanctum Clarem, près de la Chapelle de Nacqueville ) . Le souvenir du saint s’est conservé particulièrement vif sur l’emplacement de l’ermitage où il vécut deux ans . Une chapelle y fut érigée à flanc de coteau, près du village de la Rivière, au pied de la cavée d’Amfreville, en bas de Nacqueville, près de la grand route et du rivage.


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